Les projets de David Rachline : poursuite de la vente du patrimoine communal et bétonnage à outrance

Le 8 janvier dernier, David Rachline a vanté son bilan à l’occasion des vœux qu’il a adressés aux Fréjusiens pour l’année 2016 en mettant en avant la réduction de la dette et la non-augmentation des impôts locaux. Il a aussi annoncé des promesses de lancements de projets d’aménagement de la ville sans pour autant en préciser le coût.

S’appuyant sur l’endettement important laissé par son prédécesseur, le maire de Fréjus a entrepris la vente de biens communaux pour diminuer la dette de la ville dont les Fréjusiens ne connaissent que le montant qu’il a lui-même indiqué. Il avait pourtant promis, au cours de sa campagne électorale, un audit des comptes de la ville avant toute décision.

Malgré cette promesse, David Rachline a fait appel à une société-fantôme, créée pour l’occasion par un proche du FN (Financière des Territoires) qui n’a procédé à aucun audit des comptes ni publié aucun rapport.

Aujourd’hui, David Rachline chiffre l’endettement de la commune à 144 millions d’euros en 2014, dette qu’il dit avoir fait baisser d’abord de 9 millions puis de 13 millions d’euros.

Comment parvient-il à cette diminution ?

Contrairement à son engagement électoral de lutter contre le bétonnage de Fréjus effectué, dit-il, par son prédécesseur, c’est par la vente systématique des terrains communaux aux promoteurs immobiliers qu’il cherche à faire baisser cet endettement, sans prendre en compte les aspirations des habitants des quartiers attachés à la préservation de la qualité de leur vie qui constitue une des richesses de Fréjus :

  • A Villeneuve, le square du Printemps qui servait de poumon vert est supprimé sans solution de remplacement de l’espace vert;
  • A Sainte-Croix, les city stades sont également supprimés au bénéfice de projets de construction d’immeubles,
  • Dans le quartier des Chênes, des terrains ont été vendus pour la construction de logements, annoncés pour certains comme « sociaux », mais qui sont mis à prix à 350 000 euros en moyenne le quatre pièces! :
  • A Saint-Aygulf, les courts de tennis de la rue Jean Bouin ont laissé la place à une dizaine de maisons. Un terrain de 5000m2, boulevard Berlioz, est aujourd’hui retenu pour la construction des dizaines de logements;
  • Les terrains situés à proximité immédiate du mémorial de la guerre d’Indochine à Fréjus sont eux aussi vendus pour un projet immobilier, les nombreuses protestations émises pour le respect du site du mémorial ayant été souverainement écartées par le maire.

Tous ces bouleversements sont prévus et réalisés sans consultation des Fréjusiens et sans que soit exposé et discuté le projet d’aménagement de substitution qui est mis en place. De plus, aux emplacements cités, aucune mesure n’est présentée pour compenser les pertes d’espaces verts ou sportifs qui sont des lieux de vie et de rencontre appréciés des habitants.

Dans le même temps, des coupes sombres sont opérées dans les budgets consacrés à la jeunesse et aux personnes les plus fragiles par la baisse drastique du budget scolaire, des subventions aux centres sociaux et à l’association sportive municipale.

 De plus, poursuivant en 2016 sa politique d’affaiblissement de l’action sociale, David Rachline annonce clairement, dans le Var Matin du 14 janvier 2016, qu’il envisage la fermeture des centres sociaux restant subventionnés par la ville si ces derniers ne se conforment pas aux règles de gestion qu’il a définies. Sous ce prétexte, il vise, à l’évidence, une mise au pas de l’action sociale qui ne correspondrait  pas à l’idéologie du Front National !

La municipalité recherche également d’autres économies avec la fermeture envisagée de services publics, comme celui de la poste du centre-ville, malgré l’opposition manifestée par le personnel employé. Une telle suppression d’un service public essentiel aura pour effet de contribuer un peu plus à la désertification de ce quartier.

Pour l’avenir, la poursuite du bétonnage 

Pour tenter de désamorcer les critiques qui se font jour sur son absence de projets d’aménagements  urbains destinés à améliorer la vie à Fréjus, David Rachline a effectué une série d’annonces pour les années à venir, parmi lesquelles :

  • la création de plusieurs parkings souterrains (place Vernet, place de la République et à Saint-Aygulf) avec réalisation de logements, de commerces et autres bâtiments en surface;
  • la construction d’un complexe touristique et de loisirs sur la base nature.

Ces projets, annoncés sans consultation de la population et du monde économique et associatif sur leur impact économique et social, vont coûter très cher pour une commune déjà surendettée qui n’a sans doute pas la possibilité de les financer.

S’agissant de la réalisation du complexe touristique et de loisirs projeté sur la base nature, doit-on  conclure que David Rachline a décidé de poursuivre ses opérations de cession du patrimoine communal à des promoteurs immobiliers en vendant une partie des terrains de cette base nature et en amputant un espace naturel de loisirs d’une part importante de sa surface?

S’agissant de la construction des parkings souterrains et des immeubles implantés en surface, doit-on conclure que ces projets visent à poursuivre le désendettement de la ville au prix élevé d’un bétonnage et d’une densification à outrance au détriment de la qualité de la vie?

Les décisions sur de tels choix n’appartiennent pas au seul David Rachline!

Dans un processus démocratique, les habitants de Fréjus doivent être informés de la consistance des projets annoncés et associés aux décisions qui seront prises. Ils ne peuvent se contenter d’écouter la parole de leur maire leur annonçant ses décisions pour leur futur, alors qu’en définitive ce sont eux qui devront vivre dans un environnement profondément modifié et bétonné, et en payer la facture.

Le Forum Républicain 15 janvier 2016

 

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